La gymnastique holistique

La gymnastique holistique offre au corps l’opportunité de trouver sa tonicité juste : elle dénoue les muscles sursollicités et tonifie les muscles peu ou mal utilisés. Pour ce faire, elle conjugue renforcement musculaire et détente, étirements et auto massages.
Elle installe une respiration libre et adaptable qui s’accorde naturellement avec le mouvement, l’enracine et le soutient.
Une attention exigeante est portée sur les appuis et le placement ostéo-articulaire.
Chaque exercice est expérimenté sans hâte afin que s’organisent finement tous les ajustements adéquats pour qu’aucune tension parasite ne se manifeste et que le corps tout entier soit engagé harmonieusement dans le mouvement.

Ce travail en profondeur sur la plasticité musculaire libère les articulations, restaurant leur mobilité et permettant au squelette de recouvrer ses alignements et de rétablir son aplomb. Le mouvement peut alors se déployer dans une gestuelle fluide et économe.

Un tel rééquilibrage permet de gagner en vitalité en provoquant une sensation de détente « active », c’est-à-dire un apaisement qui accroît la vigilance et la disponibilité à l’action. Les qualités de ressenti et de présence développées pendant les séances amènent un mieux-être général. Il devient plus facile de répondre au stress et aux contraintes du quotidien, d’éviter ou de contrebalancer les gestes et postures néfastes générés par la vie professionnelle, de se libérer des schémas mécaniques imposés par l’éducation, d’agir sur les attitudes corporelles liées aux émotions.

Il devient possible de repousser pas à pas ses limites, sans dommage ; d’investir son corps pleinement ; et ainsi d’accéder à une image de soi-même plus complète et plus juste.

La gymnastique holistique s’adresse à tous. Chacun progresse à son rythme, quel que soit son âge et sa condition physique. Les cours collectifs se font en petits groupes (pas plus de 11 personnes). Les mouvements peuvent donc être adaptés aux besoins et aux possibilités de chacun. Ils se pratiquent essentiellement au sol, à l’aide d’accessoires (balles, bâtons, baguettes…) qui eux aussi peuvent être choisis en fonction des élèves. Les exercices sont variés, inattendus, ludiques, afin de stimuler les facultés d’apprentissage et d’adaptation. Les mouvements ne sont pas montrés, mais décrits oralement par le professeur ; ce qui développe la conscience corporelle, affine la perception du schéma corporel et la représentation du corps dans l’espace, et ainsi, favorise l’intégration du travail et de ses effets.

Les origines de la gymnastique holistique

Les origines les plus lointaines de la gymnastique holistique remontent à François Delsarte, chanteur français du XIXe siècle, professeur d’art oratoire. Mais plus directement, c’est à l’enseignement d’Elsa Gindler, pédagogue allemande, que la gymnastique holistique se rattache. Au début des années 1910, à Berlin, Elsa Gindler se distingua en enseignant un travail physique basé sur l’écoute de soi et la conscience corporelle. Elle entraîna ses élèves à s’observer, à explorer leurs gestes et leurs attitudes, à repérer leurs automatismes, de sorte qu’ils intègrent un meilleur usage de leur corps.
Son approche fut transmise en France à partir des années 30 par ses élèves  Lily Ehrenfried et Alice Aginski, qui, devenues kinésithérapeutes, en développèrent l’aspect thérapeutique.

Marie-Jo Guichard, héritière de Lily Ehrenfried, et les enseignants qu’elle forma, choisirent de baptiser leur pratique « gymnastique holistique ».

« Le corps humain semble posséder une tendance ordonnatrice qui  collabore à remettre instantanément tout « à sa place » dès qu’on lui en donne la moindre possibilité. »

Dr Lily Ehrenfried

La gymnastique holistique : une gymnastique douce ?

Seule une pratique toute en finesse permet d’accéder à la structure corporelle, à la musculature profonde, aux fascias et aux aponévroses, la gymnastique devenant ainsi une sorte d’ostéopathie appliquée par soi-même à soi-même… il nous faut exécuter les mouvements avec douceur pour percevoir les myriades d’infimes évènements qui se produisent des pieds à la tête au moindre de nos gestes…

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Ce petit matériel qui n’a rien d’accessoire

Si beaucoup de techniques utilisent un matériel identique, l’usage qui en est fait, la place qu’on lui accorde, la relation qu’on établit avec lui varient considérablement d’une méthode à l’autre. En gymnastique holistique, les accessoires jouent un rôle central, tant techniquement, c’est-à-dire par rapport à la réalisation du mouvement, que pédagogiquement, en rendant la pratique malléable et personnalisable…

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Les rituels de prises de repères

Les cours de gymnastique holistique s’ouvrent, sont ponctués, et se terminent par des temps d’observation et d’intégration pendant lesquels les élèves sont invités à ressentir l’état de leur corps avant et après avoir expérimenté les mouvements. Jackie Labadens, praticienne et formatrice toulousaine, insiste sur l’importance de ces moments qu’elle voit comme des rituels, puisqu’ils « constituent des seuils à franchir d’une étape à l’autre”…

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